Posted on May 30th, 2009 by TanToun

LebJournal.com
Le général Michel Aoun propose une troisième République. Mais laquelle ?
D’abord, avant toute modification de la Constitution, il est nécessaire d’abroger le traité de fraternité avec la Syrie que l’accord de Taef a engendré dans le point du texte relatif aux relations libano-syriennes. Joseph Maila l’explique en ces termes : « La dialectique de Taef est pernicieuse parce qu’elle lie l’entente interlibanaise à une entente libano-syrienne d’où une négation de la souveraineté. Ce n’est plus un pacte à deux (chrétiens et musulmans), mais à trois, et certainement pas un pacte d’indépendance nationale. Les deux parties libanaises abandonnent leur souveraineté pour la confier à une troisième. Cette troisième partie, non-libanaise, en l’occurrence la Syrie, n’a pas signé l’accord de Taef, n’y est donc pas liée et a le droit de tout exiger en retour. » En quatre ans, aucun député actuel n’a présenté une demande d’abrogation du traité de fraternité… Pire, certains en appellent à des relations libano-syriennes basées sur l’accord de Taef…
Fouad Abou Nader, qui a fait de cette demande d’abrogation la première mesure qu’il prendrait s’il est élu à l’un des quatre sièges maronites du Metn-Nord, en appelle à une nouvelle formule politique à la place de la République de Taef depuis aussi longtemps que le général Michel Aoun. La volonté de Fouad Abou Nader de bâtir une nouvelle formule politique date depuis son engagement dans la Résistance libanaise. En effet, la République de 1943 ne pouvait plus fonctionner car elle reposait sur un mensonge : la « neutralité négative » ou « ni Orient ni Occident ». Et, elle avait succombé face au nationalisme arabe, au règne des notables et des feudataires et aux trois attaques contre la souveraineté libanaise que Joseph Maila définit en ces termes : « La présence palestinienne ou la souveraineté contestée », « L’intervention syrienne ou la souveraineté limitée », et « L’invasion israélienne ou la souveraineté contrôlée ». Tout ceci ayant engendré la guerre.
A travers le projet du Front de la liberté, Fouad Abou Nader a dessiné les contours de la République qu’il appelle de ses vœux. Celle-ci serait basée sur le régionalisme garantissant l’unité de l’Etat-nation et le pluralisme culturel à travers une double autonomie, d’une part celle de l’Etat et d’autre part celle des communautés ; la neutralité positive (ouverture au monde sous la protection de la neutralité) et permanente avec une garantie internationale qui ne remettrait nullement en cause la solidarité du Liban envers les Arabes : d’abord, parce que le Liban se mettrait aux côtés des Arabes lorsqu’ils s’entendent -notamment à propos de la cause palestinienne dans le strict respect de la Constitution (interdiction de l’implantation) et de la loi (abrogation en 1987 de l’accord du Caire qui autorisait la présence palestinienne armée) libanaises- et sur la touche quand ils se disputent et, ensuite, parce qu’elle entrerait dans le cadre du protocole d’Alexandrie document fondateur de la Ligue prévoyant l’indépendance politique du Liban; la loi uninominale (assortie du vote et de la représentation parlementaire paritaire des émigrés) pouvant seule assurer la parité islamo-chrétienne véritable ; l’incorporation sous forme de charte des articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et de la Déclaration des Nations Unies sur l’Elimination de la Discrimination à l’égard des femmes dans la Constitution ; un président de la République élu au suffrage universel indirect exerçant le pouvoir exécutif avec la participation des ministres ; et, un droit de veto sur les questions fondamentales accordé à toutes les communautés dans le cadre de la démocratie consociative (consensuelle) liée à la théorie de Calhoun.
Cette nouvelle République serait ainsi et enfin celle de tous et pour tous. Nulle question de répartition tripartite (chrétienne, sunnite et chiite). Tout le monde s’y est d’ailleurs opposé à peine la rumeur fut-elle lancée par certains médias. Souvent, on nous dit : « Les chrétiens devraient se satisfaire que les musulmans leur accordent la moitié des pouvoirs législatif et exécutif. » C’est un double mensonge. Premièrement, ni la loi électorale prévue par Taef (large circonscription –d’ailleurs contraire à toute décentralisation qui dans le texte de Taef n’est en réalité qu’une simple déconcentration– comme la loi de 2000 qui n’accordait aux chrétiens la faculté d’élire que 18% des députés) ni celle prévue par Doha (qui n’accorde aux chrétiens la faculté d’élire que 37% des députés) n’accordent effectivement aux chrétiens la faculté d’élire eux-mêmes la moitié du Parlement dont découlera le gouvernement. Quelle parité islamo-chrétienne défendent donc les défenseurs de la République de Taef ? Deuxièmement, c’est au contraire les musulmans qui devraient se satisfaire que les chrétiens leur accordent la moitié des pouvoir législatif et exécutif car sans les chrétiens, il n’y a pas de Liban. Non pas que les chrétiens seraient supérieurs mais parce que sans les chrétiens, le Liban n’aurait pas de message à offrir, en l’occurrence celui de la convivialité et de dialogue possible entre les cultures et les religions. Le Liban a deux valeurs qui doivent être égales indépendamment de leurs nombres.
Le général Michel Aoun qui a rappelé le 16 mai que la réduction du mandat présidentiel ne pouvait être décidée que par l’appui des deux tiers des députés, a également dit : « Nous ne devons pas élire ceux qui ont acquiescé l’hégémonie syrienne. » C’est pourquoi, j’invite les électeurs du Courant Patriotique Libre au Metn-Nord à barrer le nom du candidat du Parti Social National Syrien présent pourtant sur la liste de l’opposition et à voter en faveur de Fouad Abou Nader. Et, aux électeurs du Parti Kataeb et du Parti des Forces Libanaises du Metn-Nord, je leur rappelle que nul n’a offert plus de sacrifices personnels et de victoires militaires pour la Cause, la Résistance, le Parti et les FL que Fouad Abou Nader, que sous son commandement il n’y a eu aucune balle tirée par un chrétien sur un autre et aucun massacre de civils et que sans lui aucune bataille n’a été remportée. Loin d’être un dissident, il incarne au contraire l’authenticité de ce qu’ont légué Pierre et Bachir Gemayel. Il n’a fait que réclamer au Parti et aux FL la démocratie interne, l’alternance à leurs têtes, la fin du féodalisme où le fils hérite du père ou l’épouse du mari ou le gendre du chef et l’élaboration d’une offre politique, économique et sociale afin de développer le Liban qui sera offert aux nouvelles générations. Ce sont la dictature interne du chef, les intifadas successives pour le pouvoir et le comportement milicien dans les relations avec le peuple dont les membres du Parti et des FL devaient être le produit résistant et social qui ont écarté les citoyens de ces deux institutions. En 1988-90, le général Michel Aoun a rassemblé ces citoyens déçus autour de la Cause qu’avaient finie par écarter tant la direction du Parti que le commandement des FL. Bachir Gemayel avait pourtant prévenu : « La Cause libanaise durera tant que dureront l’occupation, l’implantation, la féodalité, la répression et l’oppression. » Avec le retrait syrien et le recouvrement par le Liban de sa souveraineté, son indépendance et sa liberté, il reste encore l’implantation et la féodalité. Quant à la Cause chrétienne libanaise née avec le martyr Saint-Estephan, elle durera tant qu’une formule politique n’aura pas définitivement assuré et garanti une présence et une décision chrétiennes libres et fortes au Liban.
Fouad Abou Nader a rejeté toutes les compromissions (tels l’accord tripartite, l’accord de Taef et le traité de fraternité) qui ôtaient au Liban sa souveraineté et réduisaient les chrétiens au statut de quasi-dhimmis. S’il les avait accepté, il serait sans doute devenu depuis longtemps député, ministre ou même président et n’aurait pas besoin de travailler pour vivre. Il a fait du statut quo son seul ennemi. Pourquoi ? Parce que les jeunes sont le sens de son engagement politique et la raison de sa candidature aux élections. Père de quatre jeunes, il connait les difficultés des jeunes, leurs craintes et leurs attentes concernant leur situation et leur avenir. Son projet a été fait essentiellement par et pour les jeunes. Pour lui, le Liban est fort quand les chrétiens, comme les musulmans, sont forts et savent ce qu’ils veulent; uni quand les chrétiens sont unis; et libre, quand la décision chrétienne est libre. Avec Fouad Abou Nader comme député, le Metn-Nord serait représenté par un leader au Parlement. Et, pas par n’importe lequel !
Michel Fayad
Post it on your Facebook account or mail it to your friends..
Tags: ارشيف الموقع // 1 Comment »
انا لا أفهم لماذا لا تكتبونه بلغة لبنان الرسميه؟..العربيه.